Une dimension du processus d’orientation des «jeunes » me frappe. Il s’agit de la dimension temps. Est-ce que les « jeunes » ont assez de temps pour s’orienter ou bien s’ils en ont trop ou pas assez ? Voilà une interrogation récurrente entre autre pour un fort pourcentage de parents de « jeunes ».
Toutefois, et trop souvent à mon avis, on croit que l’avenir est nécessairement dans le futur. Il s’en trouve plusieurs pour faire l’apologie du temps et de l’errance pour arriver à préciser son identité et « trouver » sa voie professionnelle. Plusieurs arguments circulent. Par exemple : -les carrières sont de plus en plus non-linéaires et un certain nombre de « jeunes » s’inscriraient dans une vision tout aussi non-linéaire de choix de carrière, - les « jeunes » sont trop jeunes pour s’orienter, - les « jeunes » ont trop de choix possibles, - les travailleurs devront changer 10 ou 15 ou 20 fois de carrière dans leurs vies de travail.
Cette façon de regarder automatiquement vers l’avenir pour y « trouver » sa voie professionnelle a le don de venir me chicoter régulièrement. C’est que je crois que l’avenir c’est maintenant et aujourd’hui. La meilleure façon de se rendre dans le futur c’est de le préparer. Une vieille expression que j’affectionne tout particulièrement est la suivante : « les bons chercheurs trouvent, les autres cherchent ». Un bon chercheur sait d’où il part et il sait donc reconnaître lorsqu’il arrive devant de bons résultats. Comme le disait Richard Nelson Bolles (What color is your parachute) « Si tu ne sais pas où tu t’en vas, tu vas arriver ailleurs » (If you don’t know where you’re going, you’re going to end up somewhere else).
Je suis en principe d’accord avec le fait qu’un pourcentage de « jeunes » tournent en rond et semblent errer avant de s’engager dans une voie. Par contre, comment caractériser des « jeunes » pour mieux savoir les distinguer d’autres « jeunes » qui ne font rien jusqu’à temps qu’ils se sentent obligés ou forcés d’agir ? Les voyages forment la jeunesse, comme le veut le dicton, mais encore faut-il que le voyageur ait le genre de personnalité qui puisse lui permettre de tirer partie de ses expériences.




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